DECLARATION FINALE DES JEUNES DE L’UNIVERSITE EUROMED DE FES 

Académie du Royaume, Rabat le 19/01/2026

Nous, étudiants de l’Université EUROMED de Fès, africains et méditerranéens, réunis le 19 janvier 2026 à l’Académie du Royaume du Maroc dans le cadre de notre 3ème sommet autour du thème : « Civisme et pluralisme des valeurs : repenser le vivre ensemble », voulons lancer cette déclaration pour affirmer solennellement toute notre fierté d’être les jeunes héritiers de cette Région du monde qui a contribué grandement à la civilisation humaine.

            Cette appartenance nous confère la lucidité de ne pas être la génération qui cautionne la fin de l’humanité, et elle ne veut nullement avoir pour utopie la tâche de refaire le monde, mais plutôt, comme disait le grand philosophe méditerranéen Albert Camus, d’« empêcher qu’il ne se défasse ».

 Nous voulons ainsi témoigner de la volonté qui nous anime d’être là où l’espérance se dérobe, là où la haine se substitue à l’amour et au dialogue, là où la force de l’intolérance et la négation de l’autre défient l’ordre, la paix et le vivre ensemble. Ce qui est une preuve irréfutable de la culture du civisme qui nous habite, et du respect que nous vouons aux valeurs qui en constituent le socle.

Le fait que ce sommet ait eu lieu sous la double tutelle de l’Académie du Royaume du Maroc et de l’Académie Hassan II des sciences et techniques est en soi tout un symbole l’inscrivant dans un cadre académique et intellectuel se nourrissant de toutes les composantes du savoir, tout en mettant en valeur l’impérieuse nécessité de prêter l’écoute à la parole balbutiante des jeunes encore en quête de sens. Car les académiciens de ces deux institutions ont conscience que voix de la science et voix de la jeunesse sont, d’une certaine manière, interdépendantes, tant elles ont en partage le souci de faire advenir quelque chose d’inédit synonyme d’innovation et de renaissance renouvelée.

À l’issue des travaux de ce sommet, les étudiants de l’Université Euromed de Fès recommandent les actions suivantes :

  1. repenser les modes de transmission des valeurs civiques face aux transformations sociales, digitales et économiques, notamment l’influence croissante des réseaux sociaux, le déclin de certaines formes d’autorité éducative et les inégalités socio-économiques ;
  2. reconnaître le rôle central des jeunes comme force de propositions et acteurs de changements face aux dérives qui fragilisent le civisme et le tissu social ;
  3. encourager et soutenir les initiatives portées par les jeunes, les universités et les chaires internationales visant à promouvoir le dialogue interculturel, les valeurs citoyennes et du vivre ensemble;
  4. faire de l’éducation au civisme une mission partagée et continue impliquant la famille, l’école, l’université, les institutions publiques, les élus et la société civile ;

5.inscrire l’éducation civique comme un levier majeur de prévention universelle contre la violence, l’intimidation, la radicalisation et les discours de rejet ;

6.développer des programmes éducatifs innovants favorisant la conscience de l’impact des comportements individuels sur l’environnement, l’espace public et les relations humaines ;

  1. soutenir les parents, les éducateurs et les institutions éducatives dans leur rôle de transmission des valeurs de responsabilité, de respect, de dialogue et de solidarité ;
  2. réaffirmer, dans les discours publics et les politiques éducatives, la centralité des valeurs humaines universelles : respect, responsabilité, tolérance, empathie et engagement citoyen ;
  3. lutter activement contre la banalisation de l’irresponsabilité et de la violence verbale par des cadres éthiques, juridiques et éducatifs clairs ;
  4. ériger des espaces de réflexion, tels que les sommets et forums de jeunes, des laboratoires d’idées et des appels à un sursaut collectif pour redonner au civisme sa fonction de « fil d’Ariane » des sociétés contemporaines ;

11. favoriser la reconnaissance constitutionnelle des composantes culturelles, linguistiques et spirituelles des nations en tant que facteur de cohésion, de stabilité et de continuité historique, à l’image de l’expérience constitutionnelle et civilisationnelle du Maroc. Ainsi pourra-t-on lire dans le préambule de la constitution marocaine : « État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. »